Parents rois ou enfants rois : et si on changeait vraiment de regard ?
- Audrey Hesseling

- 25 mars
- 2 min de lecture
🌸 Pendant longtemps, l’éducation s’est construite autour d’un principe implicite mais profondément ancré : répondre d’abord aux besoins des parents. L’enfant devait s’adapter, obéir, se conformer.
Dans ce modèle, les émotions de l’enfant étaient souvent ignorées, minimisées, voire réprimées. Les violences éducatives ordinaires, qu’elles soient physiques ou verbales, étaient non seulement tolérées, mais aussi considérées comme nécessaires pour « bien éduquer ».
C'est l'ère des "parents rois"
🌸 Puis quelque chose a changé.
Face à ces pratiques, une forme de prise de conscience collective a émergé. Des voix se sont élevées pour dénoncer les conséquences de ces violences sur le développement des enfants. Progressivement, un mouvement de bascule s’est opéré : il ne s’agissait plus de dresser l’enfant, mais de l’écouter, de le respecter, de l’accompagner.
Et dans cet élan, une autre dérive est parfois apparue.
En voulant réparer les excès du passé, certains parents ont choisi de s’effacer. Les besoins de l’enfant sont devenus centraux, parfois au point de reléguer ceux des parents au second plan. L’enfant décide, l’enfant choisit, l’enfant mène. On parle alors d’« enfants rois ».
🌸 Mais est-ce vraiment la solution ?
Car derrière cette inversion des rôles, une autre forme de déséquilibre se crée. L’enfant, sans repères clairs, peut se retrouver en insécurité. Le parent, lui, peut ressentir de la frustration, de l’épuisement, voire une perte de légitimité. Aucun des deux n’est réellement nourri dans ses besoins profonds.
Alors, faut-il choisir entre parents rois et enfants rois ?
Et si la vraie révolution était ailleurs ?
🌸 Une autre voie existe, plus exigeante mais aussi plus équilibrante : celle qui consiste à reconnaître que chaque membre de la famille a des besoins légitimes.
Ni domination, ni soumission. Ni pouvoir sur, ni abandon de pouvoir. Mais une rencontre.
Dans cette approche, inspirée notamment de la Communication NonViolente (CNV) et de la NonViolence Systémique (NSV), il ne s’agit plus de savoir qui a raison ou qui décide, mais de comprendre ce qui ce vit chez chacun.
L’enfant n’est plus un être à contrôler, ni un petit souverain à satisfaire. Le parent n’est plus une autorité écrasante, ni une figure effacée. Chacun devient un être humain à part entière, digne d’écoute et de considération.
🌸 Cela implique de sortir des automatismes :
Ne plus imposer sans écouter
Ne plus céder sans se respecter
Apprendre à dialoguer réellement
Cela demande aussi du courage. Celui de poser des limites tout en restant connecté. Celui d’accueillir les émotions sans se laisser envahir. Celui de reconnaître ses propres besoins sans culpabilité.
🌸 Dans cette perspective, une nouvelle idée émerge :
Et si chacun était roi ou reine… de ses propres besoins ?
Non pas pour dominer l’autre, mais pour en prendre la responsabilité. Non pas pour imposer, mais pour entrer en relation.
C’est là que se trouve peut-être le véritable équilibre : dans une relation où personne ne perd sa place, où chacun compte, où les besoins ne s’opposent pas mais cherchent à coexister.
Ce n’est ni un retour en arrière, ni une simple inversion. C’est un changement de paradigme.
Et si, finalement, l’éducation n’était pas une question de pouvoir… mais de relation ?



